Les Etinc’elles #16 : Agathe « J’ai petit à petit appris à connaître mon fils. »

Ahhh la grossesse… Cette période magique de la vie où la femme est rayonnante, épanouie, où tout est simple et beau, avec ce ventre rond si joli et cette vie qui grandit en elle… En apparence, c’est facile non? Ca parait évident, le bébé grandit, il nait, c’est le plus beau jour de votre vie, vous êtes resplendissante de bonheur et tout n’est que cœurs, paillettes et félicité (et quelques biberons et couches).

Oui mais voilà, ce sont les apparences. Ce sont les fantasmes que nous projetons tous sur la venue au monde d’un enfant. Evidemment c’est un miracle de voir un enfant naitre, évidemment c’est un immense bonheur. Mais pas seulement. Une naissance est un réel bouleversement, tant pour le bébé que la maman. Et parfois, le lien ne se crée pas aussi facilement que ce que l’on imaginait. Parfois, souvent même, tout n’est pas aussi simple qu’il y parait. On peut aimer infiniment son enfant mais traverser une période très difficile à sa naissance et les mois suivants. Pourtant le baby blues et la dépression post-partum sont des maux bien trop tabou.

Alors ce soir Agathe nous livre généreusement et courageusement son histoire, parce que c’est important d’informer, de sensibiliser. Pour toutes les futures mamans mais aussi pour leur entourage. Merci Agathe ! Et je te laisse la parole…

Bonjour Agathe, raconte moi qui tu es ! 

J’ai 23 ans, je suis normande, mariée depuis 2 ans et je vis juste à côté de Lille ! J’ai habité un peu partout en France parce que mon père est militaire. J’ai fait des études dans le social pour travailler avec des personnes âgées mais comme c’est un secteur très bouché je travaille actuellement dans un cabinet d’expertise. Je suis maman d’un petit Gabriel qui a 5 mois.

Peux-tu me raconter votre histoire avec ton mari ? 

On s’est rencontrés en vacances quand j’avais 14 ans, lui en avait 19 ! C’est un ami de mes grands frères. J’avais déjà des paillettes dans les yeux et j’étais amoureuse de lui mais vu la différence d’âge bien sûr il ne s’est rien passé. On s’est retrouvés 5 ans plus tard et là ça a été le coup de foudre! On a très vite été sûrs de nous puisqu’on s’est mariés 2 ans après !

Une histoire comme dans les films c’est fou ! Est ce que tu as toujours su que tu voulais être maman? Comment est venu le désir d’enfants? 

Quand j’avais 16 ans je voulais être maman à tout prix ! Mais quand je me suis fiancée avec Fred cette envie s’est atténuée, j’avais 19 ans et je pensais surtout aux études et à faire ma vie. Quand on s‘est mariés on a donc  décidé d’attendre au moins 2 ans. 

Juste après notre mariage en juillet, j’ai commencé un nouveau job, un remplacement de congé maternité. J’ai côtoyé la personne que j’allais remplacer pendant 1 mois, et j’ai eu une révélation devant son ventre rond : “Je suis avec l’homme de ma vie, je suis mariée, pourquoi attendre? Je veux un enfant ! ”

Fred ne se sentait pas encore prêt, ce que j’ai très bien compris, même si j’avais très envie d’avoir un enfant. Puis nos amis se sont mariés et ont commencé à avoir des enfants, et ça a été la révélation. On venait d’acheter un appartement, et j’ai dit à Fred en rigolant “ça y est maintenant qu’on a la deuxième chambre, tu es prêt? »… et il a dit oui ! Et 5 mois plus tard, un peu plus d’un an après notre mariage, je suis tombée enceinte.

Comment imaginais-tu la grossesse ? En avais-tu une vision idéalisée ?

Alors premièrement j’imaginais tomber enceinte très rapidement. Je suis tombée enceinte au bout de 5 mois, ce qui est très rapide mais comme j’avais imaginé que cela arriverait tout de suite j’avais déjà commencer à angoisser !

J’imaginais une grossesse merveilleuse et parfaite : j’allais avoir un magnifique ventre rond, je serais épanouie, pas angoissée, je sentirais mon bébé… et ça ne s’est pas du tout passé comme ça ! Je n’avais pas envisagé le fait de ne plus pouvoir rien manger, de passer mon temps à faire des prises de sang… Je n’avais pas imaginé que ça me paraîtrait si long.

A partir de la fin du 6ème mois j’avais envie d’accoucher, je comptais les jours! Pourtant je n’ai pas été trop malade, j’ai juste eu des nausées pendant 15 jours et beaucoup de fatigue. Mais on ne parle pas assez des hormones : je n’avais envie de rien faire, je pleurais pour un rien. Le 2e trimestre, qu’on dit souvent plus facile, est arrivé en plein confinement! Je me suis retrouvée au chômage et confinée à 5 mois et demi de grossesse. Je pense que ça aurait été moins compliqué s’il n’y avait pas eu cette ambiance. J’ai fait tous mes rendez-vous médicaux toute seule, on m’a dit que j‘accoucherais toute seule… 

Finalement, ce que j’ai vécu ne ressemblait pas du tout à la maternité idéale que j’avais imaginée. J’avais idéalisé le fait de porter un enfant. C’était magique de me dire que mon corps portait un enfant mais la réalité, le fait de le porter concrètement pendant 9 mois, était beaucoup moins magique. 

C’est vrai que l’on voit souvent la grossesse comme le paroxysme de l’épanouissement pour la femme, alors le choc avec la réalité doit être assez abrupt…

Oui, on n’est pas préparé à tout ce qui va avec. C’est beau une femme enceinte, c’est magique de créer la vie, de sentir le bébé, mais c’est aussi beaucoup d’angoisses, de suivis, de rendez-vous, de conseils que l’on ne demande pas, d’hormones qui ne rendent pas la vie facile. 

Comment imaginais-tu ton accouchement, avais-tu une appréhension particulière, ou une vision idéalisée? 

J’ai eu la chance d’avoir des amies qui venaient d’accoucher et qui m’avaient conseillé de me préparer à tout ce qui était possible, les césariennes non prévues… Donc j’anticipais un peu les complications, mais j’avais plutôt peur de la souffrance post partum. En fin de grossesse, j’avais un ventre tellement gros que je me demandais comment j’allais retrouver un corps aux dimensions normales et sans douleurs. J’appréhendais surtout ce post partum d’un point de vue physique. 

Avais-tu une idée précise de comment se passerait la rencontre avec ton fils? Etais-tu sensibilisée aux composantes psychologiques de la naissance? 

Notre sage-femme nous avait énormément préparés au baby blues et à la dépression post partum.. Mais pour moi, la rencontre avec mon fils que j’avais tellement attendu, tellement désiré, allait forcément être magique. J’étais sûre que le lien se créerait automatiquement. Je redoutais plus la création de ce lien avec mon mari, car il ne l’avait pas porté. 

C’est intéressant je trouve de se demander ce que tu projetais parce que j’imagine que le choc entre les fantasmes autour de la maternité idéale et la réalité est assez brutale. Mais venons-en à la naissance comment cela s’est-il passé? 

Dans les faits, l’accouchement s’est bien passé : j’allais bien et le bébé aussi. Mais j’en garde un très mauvais souvenir, ça s’est révélé assez traumatisant.

Une semaine avant le terme, j’ai perdu les eaux. On a foncé à la maternité et les contractions ont commencé tout de suite, très rapprochées et très douloureuses. Les sages-femmes m’ont dit que ça allait être rapide, j’étais trop contente ! 

J’ai vite demandé la péridurale et c’est là que les problèmes ont commencé : elle n’a pas fonctionné sur moi: j’ai passé plusieurs heures à souffrir le martyre avant que l’on me donne un produit  beaucoup plus fort qui m’a enfin soulagée. D’autre part le bébé ne descendait pas, alors on m’a mise dans des positions incroyables pour le faire descendre dans mon bassin, tant et si bien qu’il a fini par se retourner… Il arrivait le visage vers le ciel ! Il est possible d’accoucher comme cela mais c’est préférable que le bébé arrive le visage tourné vers le sol, alors me voilà repartie dans d’autres positions pour qu’il se retourne à nouveau…

La descente du bébé dans mon bassin a été très longue, et très douloureuse car ils m’ont à un moment demandé d’arrêter d’appuyer sur la pompe de la péridurale, je n’ai pas compris pourquoi. Je me sentais prête à pousser, mais le personnel médical ne voulait pas lancer l’accouchement, il fallait attendre encore et encore…

J’ai fini par dire à mon mari, pleurant toutes les larmes de mon corps “je vais mourir” ! Et je le pensais vraiment. Il a appelé les sages-femmes qui m’ont demandé pourquoi j’avais arrêté d’appuyer sur la péridurale, alors que j’avais simplement fait ce que l’on m’avait demandé…

Ils ont fini par me demander de pousser, mais je ne pouvais plus, je n’avais plus de force… J’ai eu besoin d’un nouveau produit de l’anesthésiste pour me redonner de l’énergie, et Gabriel est arrivé en 3 poussées. Il est né immense, alors que l’on m’avait prévu un tout petit bébé. 

Après qu’ils l’ont sorti de mon ventre, j’ai entendu des bruits de ciseaux; il avait le cordon autour du cou, et il ne pleurait pas. J’ai commencé à paniquer, pour moi il devait pleurer ! Il avait avalé du liquide amniotique, alors lui ont vidé les poumons, et il s’est finalement mis à hurler. 

Je suis passée des pleurs de douleur aux pleurs de joie, c’était le moment magique que j’attendais tant. Ils l’ont posé sur moi, et il ne s’est pas arrêté de hurler. Il hurlait tellement fort que j’avais mal aux oreilles, j’étais épuisée, il n’a jamais voulu prendre le sein… Je pleurais de joie; mais je pleurais aussi parce que j’étais perdue. 

On est remontés dans notre chambre et j’avais mal dans le dos, mal partout, mais ils m’ont expliqué que c’était normal. J’ai appris plus tard que j’avais accouché par voie basse alors que je n’aurais pas dû. J’avais le bassin trop étroit et ça n’avait pas été détecté. J’aurais dû accoucher par césarienne ou plus tôt, c’est pour ça que je souffrais autant et qu’il a mis autant de temps à descendre dans mon bassin. On a réessayé l’allaitement, mais ça ne fonctionnait pas, ils ne voulaient pas lui donner de biberon et insistaient pour essayer l’allaitement.

Je me faisais soigner de partout, et allongée sur mon lit avec ce bébé sur moi et ce monde qui s’affairait autour de moi, j’avais l’impression d’être une poupée désarticulée. J’ai passé la pire nuit de ma vie !  Épuisée, perdue, avec ce bébé qui hurlait dans ma chambre d’hôpital, pliée en deux par la douleur, avec mon petit doigt dans sa bouche pour le calmer, je me suis dit “mais que va être ma vie maintenant avec un bébé qui ne fait que pleurer ? Je me rappelle l’avoir regardé et m’être dit “j’ai foutu ma vie en l’air, je n’aurais jamais dû avoir un enfant”

Je n’avais pas envie de m’en occuper, je n’avais pas envie de le prendre dans mes bras, de lui donner le sein… Je voulais juste qu’on me foute la paix. Pourtant j’étais heureuse de l’avoir, mais je n’arrivais pas à supporter ses hurlements.

Quand j’y pense aujourd’hui je n’arrive pas à croire que j’ai dit une chose pareille, je l’avais désiré tellement longtemps ! Heureusement j’avais mon super mari qui était là, qui gérait parfaitement. Chez lui le lien s’est créé aussitôt avec son fils, il a eu cette vocation de papa immédiatement!

Je suis rentrée chez moi, ma maman était là heureusement et elle m’a beaucoup aidée. J’ai arrêté d’allaiter au bout de 10 jours et ça a été une libération, d’un coup mon fils avait autant de lait que nécessaire et ça lui a fait beaucoup de bien. Je me rappelle que je laissais ma mère m’en occuper, et en la regardant je me disais “ce n’est pas une vie, je ne pourrai plus jamais sortir”. Il pleurait énormément et ne dormait jamais en journée.

Je suis restée bien 15 jours avec cet état d’esprit. Puis petit à petit ça s’est amélioré, très doucement. 

C’est génial que tu arrives à en parler maintenant. Ce sont des pensées tellement compréhensibles quand on a vécu un accouchement, ça peut être un vrai traumatisme psychologique et physique et c’est normal d’avoir des pensées négatives. Arrivais-tu à en parler aussi librement à l’époque? 

Ma maman comprenait que ce ne soit pas facile, parce qu’elle a eu 4 enfants. 

Mon mari comprenait que je n’étais pas bien mais en même temps il ne me reconnaissait pas. Il m’avait imaginée comme la maman poule complètement gaga. Je n’étais pas la maman qu’il avait attendu de sa femme, mais il ne me l’a jamais reproché ! Lui a vite eu un lien très fort avec son fils. Il prenait le relai chaque soir car il savait que je n’y arrivais pas, et ce soutien a été très important.

A part eux et une amie que j’ai vue à un mariage et qui avait l’air d’avoir du mal avec son fils aussi, je n’osais pas en parler. J’avais peur de ne pas être normale, qu’on me prenne pour une mauvaise mère. 

Au bout de 3 semaines j’ai laissé mon fils à mes parents pour un mariage, j’étais angoissée mais ça m’a fait un bien fou. Ça m’a permis de prendre du recul, de ressentir le manque, de me recentrer.

Quand j’ai osé en parler, je me suis rendu compte que plein de femmes l’avaient vécu comme moi, et qu’il fallait en parler pour toutes celles qui n’osaient pas, pour les rassurer. J’ai eu le déclic quand ma sage femme m’a expliqué que tant que je n’irais pas mieux physiquement, ça n’irait pas avec mon fils. J’ai été bien accompagnée, mais on ne nous le dit pas assez avant. Ça peut être très difficile, et ce n’est pas pour autant que l’on n’aime pas notre enfant. On peut avoir des pensées très dures et ce n’est pas pour autant qu’il faut culpabiliser

Toutes ces femmes sur les réseaux sociaux, qui 3 jours après leur accouchement rentrent dans leur jean, se sentent parfaitement bien et sont en terrasse avec leur bébé, ça n’aide pas. Mon fils a 5 mois, je n’ai toujours pas fait de shopping, je ne suis toujours pas allée sur une terrasse avec lui.. Si je sors c’est toujours compliqué parce qu’il pleure beaucoup. J’ai du mal à faire autre chose que m’occuper de lui en dehors du travail, et à supporter ses pleurs si forts et si récurrents, ces énormes crises tous les soirs. 

Il faut parler de ces difficultés. Pas pour faire peur mais pour faire comprendre que ça arrive de vivre des choses difficiles, et que l’on n’est absolument pas préparé. On a beau savoir qu’un bébé ça pleure, que ça se réveille la nuit, que ça ne parle pas, tant qu’on ne le vit pas on ne sait pas. 

Devenir parent, ce n’est pas progressif, comme la grossesse qui dure 9 mois. Du jour au lendemain, tu te retrouves avec un bébé qu’il faut gérer complètement, et tu ne sais pas quoi faire. Du jour au lendemain, tu es maman. Ton corps vient de faire le plus gros effort de toute sa vie et en plus tu dois assurer derrière.

Ce n’est pas forcément tout rose, le lien magique entre la maman et le bébé n’arrive pas forcément tout de suite. 

Comment s’est créé ce lien? 

Il s’est créé quand je me suis mise à aller mieux physiquement. Une fois soulagée physiquement, moralement ça s’est arrangé, j’ai pu mieux m’occuper de lui. 

Mon mari a pris un congé paternité, nous avons passé quelques semaines chez mes parents qui ont géré la maison. J’avais juste à me laisser faire et à m’occuper de mon bébé et ça m’a fait énormément de bien. On a aussi pu se retrouver en couple ce qui a été très précieux. J’ai beaucoup prié la Sainte Vierge, elle qui a été maman, pour qu’elle m’aide à créer ce lien.

Un jour, j’étais en voiture et j’ai eu un déclic. Je me suis dit “si j’ai un accident de voiture, je ne laisse pas juste un mari mais je laisse un fils, et mon fils n’aura jamais de maman”. Là, j’ai réalisé que c’était la chair de ma chair, que c’était moi qui l’avais fait, que je ne pouvais pas le laisser ! 

Tout le monde venait me voir, était heureux pour nous, et me félicitait. Cette joie autour de nous m’a progressivement amenée à réaliser que c’était mon fils, qu’il était beau et que je l’aimais plus que tout. Puis petit à petit, il s’est éveillé, il y a eu les premiers sourires… 

J’ai appris à connaître mon fils. On a  beau porter le bébé pendant 9 mois, quand il naît c’est un inconnu, il n’y a pas de notice ! J’ai appris à lui apporter ce dont il avait besoin. Une fois que je me suis rendu compte qu’il avait besoin de nous, que l’on était toute sa vie, le lien était créé.

Quand il dort dans mes bras c’est merveilleux, quand il s’endort sur moi c’est merveilleux. C’est lui le bébé que j’ai toujours voulu ! Quand je le vois dans les bras de son père, je me dis  “c’est l’amour fou, c’est ma famille, la famille que j’ai toujours voulue”… 

Tu me parlais du rapport au corps et de tes appréhensions niveau physique pour le post partum, est-ce-que le regard sur ton corps post partum a joué sur ton état moral ? 

Je savais que quand j’allais accoucher je n’allais pas retrouver un ventre plat du jour au lendemain. En revanche j’ai été assez surprise de la texture de mon ventre, j’avais du mal à me dire que mon fils n’était plus dedans. Je ne me reconnaissais pas dans le miroir. Pourtant j’ai eu de la chance, j’ai eu très peu de vergetures et mon ventre s’est vite retendu, 

On m’a beaucoup dit “tu ne retrouveras jamais ton corps d’avant mais il faut en être fière, le remercier parce qu’il a donné la vie. C’est ton corps de mère, c’est beau”! Je ne sais pas si je passerai ce cap, je n’aime pas mon corps. Même s’il a donné naissance à mon fils qui est toute ma vie, je l’accepte mais je ne l’aime pas. 

Est ce que tu as ressenti une forte pression de la part de l’entourage ou de la société dans ton post partum?

Oui, à partir du moment où le bébé nait on s’attend à ce que la maman soit folle amoureuse de son enfant, mais ce n’est pas forcément le cas. Et quand je marche dans la rue et que mon bébé pleure, j’ai peur que les gens me considèrent comme une mauvaise mère qui ne sait pas calmer son fils. Et pourtant je sais que je fais ce que je peux, que ces gens ne feraient pas mieux à notre place… Mais c’est aussi une pression que je me mets seule. 

En quoi devenir maman a changé la femme que tu es? 

Clairement, j’ai compris ce que vivait ma mère depuis des années. Je me suis dit que c’était une super héroïne, et que moi aussi j’en devenais une. En devenant maman, on change de vie. On devient une autre femme, on peut devenir féroce, prête à tout pour son enfant. J’étais une petite fille et je suis devenue une femme. Maintenant c’est moi la maman, c’est moi qui suis responsable d‘un petit être. 

Que dirais-tu à une jeune femme qui vient de découvrir qu’elle va être maman? 

Je lui dirais que ça va très bien se passer, que c’est normal si tout ne se passe pas comme elle avait imaginé, qu’elle a le droit de pleurer, elle a le droit d’avoir peur, d’angoisser, de penser des choses affreuses, parce que ça passera. Quelque soit le temps que ça mettra, ce sera magique un jour ou l’autre. 

Merci Agathe… c’est tellement important ce témoignage car je pense que ces difficultés sont vécues par énormément de femmes dans le secret et la culpabilité. Merci d’ouvrir courageusement la parole sur le sujet ! 

Maintenant si tu veux bien je vais te poser mes trois petites questions pour clôturer l’interview sur le thème de la féminité.

Pour toi qu’est ce que la féminité? 

Je dirais que la féminité c’est être forte. C’est aussi être la moitié de quelque chose, on n’est pas féminine s’il n’y a pas le masculin en face. 

Selon toi quel est le rôle de la femme dans la société actuelle?

C’est tout simplement d’être une femme. Aujourd’hui on veut tellement faire disparaitre la dualité homme femme, il faut montrer que ça existe, que l’on est différent, que l’on n’a rien l’un sans l’autre. 

Que dirais-tu à la jeune fille que tu étais à 15 ans? 

Je lui dirais qu’elle va rencontrer des choses difficiles mais qu’elle se relèvera, qu’il faut faire confiance à Dieu, confiance en la vie, et que l’on est toujours récompensé. 

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